De la gentrification des villes à la gentrification des luttes

Les âmes mortes

lundi 28 octobre 2013 par bendyglu

Les éditions Agone, Canal gentrifié, nous annoncent deux rééditions pour janvier 2014 : La percée de Jean Bernier, et Hommes en guerre , d’Andreas Latzko. Deux livres sur la guerre de 14... pour le centenaire de la grande boucherie qui verra moult commémorations, c’est à dire subventions.

Ces deux livres furent initialement publiés dans la collection Marginales par Héléna et Samuel Autexier, auxquels il fut tant reprochés de publier des "livres qui ne se vendent pas". Marginales fut même traitée de "danseuse d’Agone". Et pourtant ils ont continué à "se vendre" depuis 10 ans, comme tous bons livres de fonds, peu de ventes mais pendant très longtemps. C’est dire que la mise "en commun" de "façon permanente" de leur "activité" et de leurs "connaissances" perdure jusqu’à ce jour (pour reprendre les termes de la loi de 1901, reconnue à "portée constitutionnelle" qui définit le contrat associatif.)

Selon le dernier arrêté des comptes 2012, il restait au 31/12/2012 333 du premier et plus de 1000 exemplaires du second. Que vont devenir ces exemplaires qui ne doivent pas concurrencer les rééditions sous l’uniforme de la nouvelle couverture de "La Manufacture de Prose" ? Sans doute sont-ils voués au pilon. Façon aussi de faire disparaître, peu à peu, l’histoire des éditions Agone et de cette histoire ceux qui l’ont faite, au temps des jours heureux, à défaut que le site internet n’explique, comme cela fut pourtant demandé, pourquoi les livres de Marginales sont aujourd’hui au catalogue de la Manufacture de Prose. Et pourtant, pour en avoir distribué en Afrique, l’auteur de ces lignes sait à quel point ils y ont un public, dans ce continent ravagé par des guerres aussi meurtrières qu’ignobles, peuplé d’enfants-soldats. Comment accepter que des livres, produits dans une économie anti-économique, soient détruits dix ans plus tard pour des raisons économiques au diapason d’un programme commémoratif étatique ? Où l’on n’entendra pas dire que les causes de 14, par-delà l’enchainement tragiquement implacable de son déclenchement, sont dues aux grands affrontements capitalistes qui produisent aujourd’hui encore les mêmes effets au Congo et ailleurs ?


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