De la gentrification des villes à la gentrification des luttes

En attendant "Rosa Luxemburg en slip" ?

jeudi 2 octobre 2014 par bendyglu

Les éditions Agone s’affichent désormais sur FaceBook et la révolution conservatrice du marketing, ça dépote !

Les célèbres hommes-sandwichs Zinn et Chomsky faisant la démonstration d’un Kindle dans Retour vers la Guerre du Vietnam 3.

Ne plus s’adresser à un lecteur mais à un client neuneu, transformer les concepts en slogans et les luttes en fashion attitude... en attendant de fourguer du fitness pour de la sociologie et autres produits kitschissimes, demandez le programme du virage marketing qui déterminera à terme inévitablement le contenu des livres (on s’attend bien sûr à ce que l’ancien éditeur de PLPL nie mordicus le lien entre contenus et stratégie commerciale !)

Nous proposons ci-dessous quelques améliorations "avec une exigence toute radicale" [1] et sans obligation d’achat.

Rajouter : Trop cool l’Impérialisme !

Rajouter : Et oui, Noël approche ! Et si ce n’est déjà fait, même si la rentrée est passée, tu peux encore acheter ton cahier de textes Noam Chomsky !

Rajouter : pour les fans de Spiderman, on prévoit quelque chose la semaine prochaine

Rajouter : Et surtout ne confonds pas : gros bijou et couilles en or ! Kiffe l’anarchisme et file 30 EUR à l’exploitation mercantile de la mémoire des luttes des anarchistes espagnols qui l’ont bien mérité ! Pour ce prix modique pour peu que tu exposes correctement ce livre dans la bibliothèque de ta salle à manger (nos designers peuvent intervenir et te fournir un devis gratuit) tu auras un franc succès lors de tes dîners de gauche, et si tu cherches l’âme sœur, ça peut même servir à emballer une pépette ! Et tout cela sans aucun engagement d’engagement conséquent. Alors, n’hésite plus ! Fais comme tout le monde, accumule un capital symbolique de gauche à moindre frais grâce aux éditions Discepolo et toi aussi tu pourras reproduire la voie vers la Raison des anciens Maos en échangeant ton papier contre le succès mondain ! Mais toi, tu pourras citer Guy Hocqengheim et ce sera carrément top-hyper-classe !

Au moment où nous écrivons ces lignes, une annonce est mise en ligne concernant un stage "long" aux éditions Agone. Soit de la main d’œuvre pour rien pour faire tourner la boutique qui accusait régulièrement 100 000 € de cash lorsque les salariés historiques ont dû prendre la fuite. L’infantilisme de ce marketing à trois francs sur facebook doit être mis en parallèle avec l’exploitation de la jeunesse dont participe Thierry Discepolo après avoir éradiqué ceux et celles qui ont fait sa boite (et donc sa rente qu’il entend pérenniser par les sortilèges du marketing qu’il a parfaitement assimilés car les démontages militants qu’Agone en a publiée, comme l’Industrie du mensonge, lui ont servi de "néolibéralisme pour les nuls"). Il y a quinze ans, de jeunes sociologues bourdieusiens pas encore orphelins puis gestionnaires frileux d’héritage [2] écrivaient : "Qui sont ces jeunes qui pouvaient exulter à la victoire de Chirac et/ou qui sont appelés aujourd’hui à la rescousse de ce que la "gauche" française a de plus superficiel ? Boys bands et Spice girls, jeunesse stylisée, policée, fabriquée par le marketing, qu’a-t-elle de commun avec celle qui essaie de survivre, parfois au jour le jour, dans le monde réel ?"

[1] Carte insérée dans les livres publiés par Agone « Connaissez-vous la revue Agone ? Trois fois par an, en lien avec l’actualité, une thématique politique, historique ou sociale traitée avec une exigence toute radicale ». Cédons à l’art du pastiche pour nous faire bien comprendre : Connaissez-vous la revue Zibeline ? Tous les mois, en lien avec la programmation culturelle, une thématique bars branchés, plans resto ou simplement fun traitée avec une subversion artistique toute radicale.

[2] dont Frédéric Lebaron qui publie aujourd’hui sur Terrains de lutte, un site créé sur le modèle d’une plate-forme espagnole de dénonciation des abus patronaux : telle fut en effet la stratégie pour contrer les dénonciations en ce domaine d’anciens collaborateurs d’Agone, dénoncer les abus patronaux des autres pour qu’on ne pense pas à regarder les siens ! C’est ce qu’on appelle un astroturf, décalqué sur le modèle de ces (fausses) ONG patronale par Sylvain Laurens, faisant de la critique le temps de créer la croyance et d’être bien placée dans l’audimat pour ensuite faire du commerce, de livres en l’occurrence, ou fourguer de la propagande)


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