De la gentrification des villes à la gentrification des luttes

La trahison numérique des Éditions Agone

vendredi 16 octobre 2015 par bendyglu

Depuis quelques semaines, les archives en ligne de la revue Agone proposées gratuitement sur le site revues.org sont hors-ligne.

Les éditions Agone avaient en leur temps participé à, et promu, la création de ce projet faisant partie d’OpenEdition, « développé par le Centre pour l’édition électronique ouverte (Cléo), une initiative publique à but non-lucratif soutenue par de grandes institutions de recherche et dont la principale mission est la promotion de l’édition électronique en libre accès. »

Pour des raisons que nous ignorons, la publication des numéros récents (qui n’étaient accessibles en intégralité que deux ans après leur publication) a cessé peu de temps après la grave crise survenue aux éditions Agone qui s’est soldée par la rupture conventionnelle ou la démission de 5 salariés de leur emploi (et non de leur statut de membres) sur 6. On peut cependant rappeler que le conflit opposant un membre fondateur de l’association Agone Éditeur (qui a en 2013 déposé le nom Agone à l’INPI en son nom propre) et une majorité de directeurs de collection appartenant au champ académique d’une part, et les salariés d’autre part, portait notamment sur l’édition numérique. Majoritaires, ces derniers s’opposaient à certaines initiatives qui devaient être menées tambour battant sans réflexion politique de fond préalable, afin d’être « à l’avant-garde du numérique ».

On ignore encore ce qu’il va advenir de ces archives, mais on ne peut pas exclure leur commercialisation numérique.

Une chose est sûre. Les liens vers ces articles sont abondamment référencés sur de nombreux sites. Ils le sont également dans de nombreux articles et livres publiés, que ce soit sur le net ou sur papier. D’un point de vue scientifique ou même simplement critique, la suppression de ces références qui semblaient pourtant appartenir au domaine public est un obstacle pour remonter aux sources. Agone trahit donc la vocation d’éditeur scientifique à laquelle la maison d’édition prétend. Agone trahit donc la vocation rationaliste que la maison d’édition prétendait affirmer dans le champ militant (incitant et donnant les moyens "au plus grand nombre" de vérifier les faits.)

Une chose est sûre. En suivant ces liens brisés, le lecteur critique est désormais redirigé vers un site marchand, soit la boutique en ligne des éditions Agone.

Une chose est sûre. Les textes offerts par les auteurs de la Revue (aucun n’a jamais fait l’objet du moindre contrat) l’ont été avec « la prétention de donner à lire ce que l’Université, des sciences à la philosophie et à l’histoire, produit encore de connaissance subversive ».

Une chose est sûre. Tous ceux et toutes celles qui ont contribué au travail d’édition de ces textes l’ont fait dans le but de « proposer des œuvres qui fournissent au plus grand nombre des outils pour comprendre le monde dans lequel nous vivons ».

Une chose est sûre. Tous ceux et toutes celles qui ont mis ces articles en ligne avec un immense professionnalisme sur le site revues.org l’ont fait pour promouvoir le libre accès au savoir.

Une chose est sûre. La trahison numérique des éditions Agone affirme en actes le plus grand mépris pour le travail, l’éducation populaire, la science et le domaine public.

Nous appelons les éditeurs-web référençant ces liens désormais morts à protester auprès des éditions Agone pour que les archives soient rétablies dans le domaine public Revues.org et, dans cette attente, à faire pointer ces liens morts vers une page de protestation comme celle-ci.

Benoît EUGENE, ancien rédacteur en chef de la revue Agone, Membre de l’Association Agone Editeur


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