De la gentrification des villes à la gentrification des luttes
La fabrique du PS new-look

« Comment peut-on être de gauche ? » Divergence des luttes aux éditions Agone

Contribution au "changement de cadre"

lundi 2 mai 2016 par bendyglu

Une découverte scientifique majeure de Julian Mischi marginalisant politiquement les classes moyennes sans traitement à vie ?

En ces temps d’appels incantatoires à la « convergence des luttes », le laboratoire de Neuneulogie du Collège d’Argein est heureux d’apporter, en guise de contribution, un exemple assez intéressant de « divergence des luttes » au sein de la classe moyenne.

Nous avons en effet malheureusement avec le très lamentable cas des éditions Agone, l’exemple d’un certain nombre d’universitaires qui, se prétendant « de gauche », adhérant pour certains à des partis de gauche et pérorant à travers la France sur les luttes sociales (des autres) et autres « Terrains de lutte » , appellent la police dès lors qu’ils sont personnellement confrontés à un mouvement social, assumant sans vergogne leur fonction de "cadres" ("foutre en l’air le cadre" peut être interprété de différentes façons !). Mieux vaut donc alerter les bébés !

Une chose est en effet d’écrire des livres sur les ouvriers et l’histoire et la sociologie du militantisme ouvriers (ce qui peut relever parfois tout simplement du pillage d’épaves), comme M. Julian Mischi, une autre est de témoigner en justice (après avoir été co-signataire de deux communiqués typiquement patronaux) avec les accents d’un Pujadas ou d’un Elkabach pour se plaindre des agissements d’un groupe de travailleurs spoliés d’années de travail, sur lesquelles M. Mischi, et quelques autres scolastiques, s’est assis pour pouvoir publier dans la collection à compte d’auteur « On-n’est-jamais-mieux-édité-que-par soi-même » - sous l’intitulé "L’ordre des choses" ! - ses travaux sur la prise de pouvoir des enseignants au Parti communiste y faisant progressivement prévaloir leurs intérêts de classe contre ceux des travailleurs...

Collections du Musée de l’Europe, section des "Choses de l’ordre". On notera la date d’arrivée, octobre 2009, juste quand l’économie de la maison d’édition est durablement stabilisée, ni trop tôt ni trop tard, bravo l’artiste - on pense prioritairement au marionnettiste en chef, Julian Mischi ne connaissant rien apparemment des fils qui l’agitent ni de la position qu’il occupe dans la structure - !

Le plus intéressant est sans doute que dans cette affaire, Julian Mischi et ses congénères (Sylvain Laurens, Etienne Pénissat pour ne citer que les vieux-jeunes à défaut du reste de la gérontocratie) n’ont très clairement considéré que leurs intérêts purement carriéristes (intérêt pour l’avancement de leur carrière du pouvoir de publier leurs propres livres) qu’ils travestissent ordinairement en « engagement de gauche » (qu’ils en soient ou non conscients dépend des cas et la théorie dispositionnelle tend à oublier que certains savent jouer des dispositions des autres pour les faire tourner dans la cage du Hamster ou les téléguider par smartphone dans les rues de Marseille comme de vulgaires livreurs de sophismes ubérisés !). S’il faut s’engager à quelque chose, ce n’est donc pas de ne « plus jamais voter PS », mais de populariser le mécanisme de l’escroquerie d’une classe prétendant parler au nom d’une autre et qui mettrait ses propres intérêts au second rang ! Et d’autant plus qu’elle le croit elle-même et n’a le choix qu’entre dénégation au sens freudien et décompression narcissique (encore un petit effort pour espérer avoir une chance de devenir un sujet !)

Collections du Musée de l’Europe (section de l’académisme assis) : l’unanimité de ceux qui n’ont le droit de siéger que tant qu’ils sont unanimes avec le chef, CQFD !

En effet, les principaux obstacles sur la voie du socialisme académique (M. Jean-Jacques Rosat ayant proclamé lors d’un colloque au Collège de France « Nous sommes socialistes-révolutionnaires ») s’étant révélés les salariés et les précaires qu’on se propose de sauver dans « un autre monde possible », il a bien fallu, leur œuvre accomplie, les éliminer !

Et c’est ainsi qu’une fois le capital accumulé sous forme d’un catalogue, produisant 50% du chiffre d’affaires annuel, c’est à dire au moment où le contrôle du capital par les travailleurs (dans lesquels on inclut tout à fait les travailleurs intellectuels mais en tant que collège séparé selon la division du travail) devenait réellement envisageable (ne pas confondre avec « démocratie réelle », puisqu’il s’agit ici de la seule « démocratie réelle » réelle qu’on puisse envisager), le capital ayant été constitué par le travail, c’est comme toujours la classe des bureaucrates intellectuels, réunie autour de la figure du Grand Timonier (et de ce qu’il appelait lui-même son « petit livre bleu ») qui s’est chargée de spolier les travailleurs. Comme il l’atteste dans son témoignage en justice, Julian Mischi (celui-là même qui semble déplorer la domination des ouvriers par la reproduction des hiérarchies scolaires sur les lieux de travail !) tout cela tombait tellement sous le sens qu’il fut fort marri que cela provoquât des réactions contraires à l’étiquette (selon sans doute une « sociologie » des faits sociaux sans causes !!!)

"Au service des luttes", Julian Mischi, auto-portrait en justice ou de l’utilité des taxis pour libérer les intellectuels libres

Dans son immense ingénuité, c’est encore le chercheur au CNRS Denis Becquet et néanmoins membre du bureau qui a le mieux synthétisé ce que n’est pas « être de gauche » pour la demi-noblesse scolastique : alors que nous lui affirmions « être de gauche, c’est soutenir les travailleurs, il n’y a pas d’autre définition », il nous fit cette réponse d’anthologie : « c’est une phrase dénuée de tout sens ».

Un tel raisonnement sera évidemment jugé archaïque par l’élite auto-proclamée de la sociologie, désormais des classes « populaires », qui pourra d’ailleurs s’appuyer sur la modernité de la religion du changement de cadre « global » ritualisée sous la forme de selfies synchronisés sur tous les ronds-points du monde, tels qu’on les aime au "conseil scientifique" d’ATTAC (spéciale dédicace au climatologue du dialogue social micro-éditorial marseillais et néanmoins sauveur global du climat à plein temps, Nicolas Haeringer.)

Il demeure que dans un tel « cadre », la convergence des luttes sous l’égide d’universitaires éclairés qui s’ignorent superbement ou tentent de se faire ignorer en tant que contrôleurs de la Matrix ressemble à s’y méprendre à un piège à cons.

On remercie au passage les éditions Agone qui si elles ne sont plus "au service des luttes" s’appliquent en actes à fournir l’épure de "Ce contre quoi il faut lutter" (y compris au niveau le plus local, c’est à dire là où la "structure" s’implémente surle modèle du Jardin d’Hamois) sous une forme drôle et accessible, parachevant ainsi le travail d’éducation populaire par d’autres moyens.

Mais on aurait quand même préféré qu’après avoir publié tout Accardo, la maison d’édition associative ne se petit-embourgeoise pas jusqu’à la caricature en sélectionnant son état-major le doigt sur la couture du pantalon dans un catalogue d’idéaux-types de la petite-bourgeoisie demi-savante (sans oublier le casting de "La Vengeance d’une blonde") avec lesquels, c’est malheureusement la Deuxième droite qui revient comme une farce dans la société moyennisée.

Ajoutons que M. Mischi a approuvé les nouveaux statuts lors de cette AG 2013 qui "pour éviter tout trouble à l’ordre publique" s’est tenue à 50 kms de Marseille. Selon le PV, les statuts ont été adoptés "à l’unanimité" (c’est une manie ! Les ont-ils seulement lus ?), unanimité incluant trois membres notés présents qui étaient absents. Deux n’avaient pas été convoquées. Le troisième, Charles Jacquier avait refusé de s’y rendre demandant une réunion "avec tout le monde". Il a alors été victime d’un ultimatum bushien "avec nous ou contre nous" qui a mené à sa démission. C’est donc M. Mischi qui est désormais spécialiste du mouvement ouvrier en lieu et place ! L’Assemblée générale a donc été réduite à un simple "jeu d’écriture", comme disent les post-modernes, puisqu’on y fait voter même les absents, particulièrement lorsqu’il s’agit d’instaurer une tyrannie (et on peut dire que les éditions Agone constituent une tyrannie post-moderne dont l’idéologie officielle est l’anti-post-modernisme, ce qui parait un bon laboratoire des dictatures du XXIème siècle !). En effet tout le pouvoir appartient désormais au bureau :

C’est parfaitement conforme à ce que professe le très platonicien Jean-Jacques Rosat qui, s’autorisant de Jacques Bouveresse qui ne le dément pas, estime que la démocratie est l’ennemie de la raison (tout le pouvoir à trois hommes de paille est en effet éminemment raisonnable.) Et finalement le philosophe patronal est parfaitement en phase, sans le savoir (il faudrait un minimum de réflexivité pour cela), avec à plus grande échelle, par exemple, l’eurogroupe, groupe d’ailleurs tout aussi inexistant que l’Association Agone Éditeur (affranchie de la loi de 1901 et des principes généraux du droit par le TGI de Marseille). Car la "violence inerte des structures" pourrait difficilement s’imposer sans une classe de bureaucrates, bénéficiant d’un traitement à vie et sociologiquement totalement aveugles à l’existence commune (biais scolastique) et les mettant en capacité de "détruire la société" (grande ou petite) sur la base d’un délire intellectualiste qui fait la part belle à la logique du capital au mépris de tout intérêt humain (au nom d’Orwell, on ne peut pas imaginer plus grande trahison d’un auctor par un sophiste, c’est à dire un lector.)

En outre, il semble que l’éditeur ait l’intention de se diversifier dans l’immobilier (ce qui correspond d’ailleurs au talent principal du fondateur qui a sans doute été très intéressé par le cas d’Actes Sud après l’avoir exposé sur le mode du père la morale dans sa "Trahison des éditeurs".)

Au niveau de la SCI qui possède les locaux, et dans laquelle une partie de la plus-value produite par les travailleurs s’est accumulée via le loyer versé par l’association, on vient d’apprendre qu’une ancienne salariée et sociétaire, qui ne l’est plus depuis plus de dix ans, en était toujours co-gérante au début de cette année à son insu et celle des sociétaires. Mais M. Mischi, sociétaire de la SCI ne se déplaçant jamais aux AG d’icelle (pas plus que ses collègues) n’a pas cru bon devoir échanger avec l’auteur de ces lignes, sociétaire pour 1500 EUR !, à ce sujet (ni des autres). Comme en ce qui concerne l’association qui n’en est pas une, à des centaines de kilomètres de distance, tout tombe évidemment sous le sens (surtout Ah Marseille, sa Bonne-Mère, son TGI si folklorique, ses poivrons et ses bonites marinées...) On ne saurait pourtant trop lui conseiller la lecture de Montesquieu (plus facile que celle de Marx, il ne faut pas mettre la barre trop haut)... et lui reprocher ce que sa propre irresponsabilité typique du petit-bourgeois scolastique (bientôt une pièce de théâtre ?) a déjà rendu possible. No justice, no peace ?


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