De la gentrification des villes à la gentrification des luttes

Manifeste de la Coordination anti-démolitions des logements HLM

Démolitions violentes et non concertées des quartiers : NON !!!

mercredi 12 novembre 2008

Nous, représentants des quartiers populaires, réunis en Coordination, dénonçons les politiques de renouvellement urbain qui se font SANS les habitants et CONTRE EUX.

Nous exigeons : le gel de tous les projets ANRU

- Une remise à plat du programme de renouvellement urbain et la suspension des projets de démolition

- La participation active des locataires dans la prise de décision, avec une priorité donnée aux réhabilitations d’immeubles, afin de permettre aux habitants de rester dans leur quartier

- La préservation du nombre de logements sociaux et l’engagement d’un programme de construction de logements sociaux spacieux, de qualité, dans un environnement agréable et pour un loyer modéré,

- Des évaluations indépendantes sur les conditions de relogement des habitants et un contrôle citoyen sur ces opérations afin de ne pas accentuer la crise du logement.

Pour rappel, début 2004, un premier appel aux quartiers est lancé par les collectifs d’habitants de la Coudraie à Poissy et ceux de Gennevilliers avec l’appui du DAL, de la LDH, de la CNL et de la CSF. La « Coordination anti-démolition des quartiers populaires d’ Ile de France » se crée.

Aujourd’hui, des quartiers sont en lutte partout en France : de Marseille à Montpellier, d’Epernay à Vaulx en Velin, d’Hérouville à Argenteuil, du Havre à Alençon en passant par Gennevilliers…

Certains quartiers ont rejoint la coordination anti démolition.

Le programme de rénovation urbaine est un projet d’une ampleur sans précédent !

C’est au 1er janvier 2008, 488 quartiers concernés, 3.5 millions d’habitants et 33.5 milliards d’euros. C’est à terme pour 2013 la démolition d’environ 300 000 logements.

L’ANRU : gâchis social et mépris des habitants

La décision de démolir est prise sans diagnostic partagé avec les habitants. Aucune alternative ne leur est proposée. La pierre angulaire du renouvellement urbain devient la démolition ! La loi impose un vote des locataires dans le cadre des réhabilitations : pourquoi ne pas appliquer les mêmes dispositions en cas de projet de démolition ? Pourquoi les préconisations de concertation édictées par l’ANRU ne revêtent pas un caractère obligatoire ? Il s’agit d’une politique publique nationale, relayée par des élus locaux, dont la vocation est l’épuration sociale et ethnique des quartiers. La Coordination milite pour que les habitants prennent toute leur place dans les décisions qui concernent le devenir de leur quartier et de leur ville. Ils sont électeurs et doivent décider des projets qui les concernent et qui engagent l’avenir de leurs enfants.

Ces projets chassent les locataires du quartier dans lequel ils vivent souvent depuis plusieurs décennies et les placent dans l’insécurité et l’isolement. Sur 100 logements détruits, seulement 70 sont en moyenne reconstruits : le nombre de logements diminue et les familles bénéficient rarement des logements neufs reconstruits. Ils sont, dans la réalité relogés et entassés dans une partie de la cité ou recasés dans l’habitat social dégradé d’autres villes.

En période de pénurie de logements et alors que 3 millions de personnes sont mal logées ou sans logis : pourquoi détruire des logements sociaux, pour la plupart confortables, grands et économiques, accessibles aux plus modestes ? Pourquoi ne pas les réhabiliter ?

Ces politiques sont indécentes : nous défendons le développement d’un programme de logement social et nous nous inscrivons dans la lutte pour la défense du livret A et son rôle dans le financement du logement social. Pour casser les ghettos et lutter contres les discriminations : nous voulons avoir le choix de notre logement.

L’ANRU : un mensonge institutionnalisé

La règle du 1 logement construit pour 1 logement détruit prévue par la loi Borloo n’est pas respectée.

Cette disposition devait permettre de maintenir le nombre de logements HLM dans une même commune et d’offrir une réponse aux nombreuses demandes de logements non satisfaites.

Dans les faits, le principe du 1 logement construit pour 1 logement détruit ne s’applique jamais sur le quartier.

Pire, entre 2005 et 2006, la mise en place des projets ANRU priorise la construction de logements intermédiaires qui de ce fait augmente de 150%. On reconstruit ailleurs et pour d’autres habitants au profil fiscal plus intéressant.

Le relogement se fait avec des loyers plus chers au m² et des surfaces inférieures : certaines familles sont relogées dans des quartiers encore plus dégradés et voués à la démolition à plus ou moins long terme. Effet boomerang de la rénovation urbaine : les familles modestes sont regroupées avec reconstitution de ghettos et renforcement de la ségrégation urbaine, que la rénovation urbaine est pourtant censée combattre !! Que devient la mixité sociale derrière laquelle l’Anru s’abrite pour justifier les démolitions !!! 1 pour 1 : aucune dérogation n’est acceptable !

L’ANRU : gâchis économique et financier

Ces projets ANRU sont financés par l’argent des salariés destinés à les loger (1% patronal) et par l’argent des contribuables au détriment des politiques de réhabilitation, de transformation durable de la vie des quartiers, de la construction de nouveaux logements sociaux et d’équipements. C’est un gaspillage humain et financier phénoménal. Le rapport 2007 de l’observatoire des zones sensibles évalue un coût de destruction-reconstruction de 190 000 € par logement alors qu’une réhabilitation revient à 26 000 €. Pourquoi ne pas réhabiliter ?

Ces démolitions font le lit d’opérations spéculatives qui offrent au privé des terrains convoités proches de Paris ou dans les centres-villes. Ces programmes de rénovation urbaine sont une manne pour les promoteurs immobiliers. La valorisation du foncier dans la périphérie des villes chasse les plus fragiles. Les HLM de 4 et 5 pièces laissent la place à des 2 ou 3 pièces au détriment des demandes d’innombrables familles. Or c’est notre argent (celui des salariés, avec le 1%patronal et celui des contribuables) qui est utilisé, et ce dans la plus grande opacité !!

Cette politique nationale mise en œuvre pas les élus locaux aggrave la pénurie de logements à loyers modérés. Vente de logements sociaux et spéculation immobilière favorisent la privatisation et la financiarisation du logement. Au même titre que la santé et l’éducation, le logement est un droit fondamental. Réunissons les conditions pour que ce droit soit effectif !

Rejoignez-nous

Nous contacter :antidemolition@gmail.com

Coordination anti démolition : 06 98 43 43 35

http://antidemolition.blogspot.com/


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