De la gentrification des villes à la gentrification des luttes

Contre « l’élimination sociale » de Philippe Lalouel à Montauban les 30 et 31 janvier

jeudi 30 janvier 2014.

Depuis 1986 Philippe Lalouel a vécu en tout et pour tout 13 mois hors des murs… pour des vols.

Il sera à nouveau jugé par la cour d’appel de Montauban les 30 et 31 janvier 2014.

Philippe Lalouel est entré en prison en 1986. Il avait alors 20 ans. lors de son arrestation, il est blessé par la police, mené à l’hôpital, transfusé… avec du sang contaminé. Il prend huit ans et apprend en même temps qu’il est séropositif. Pour tenter de ne pas mourir du sida en prison il tente de s’évader plusieurs fois et y parvient à deux reprises au début des années 1990. Pendant ces courtes cavales, il vole pour survivre en clandestinité. Pour ces faits commis sans violence, il écope au milieu des années 1990 de dizaines d’années de prison qui seront confusionées à… 25 ans. En 2009, Philippe avait donc purgé plus de 22 ans de prison -dont 10 à l’isolement- quand il « bénéficie » d’une sortie sous le régime de la liberté conditionnelle. Sans préparation préalable, c’est ce que le jargon de l’AP nomme une « sortie sèche ». Sans aucun suivi, aucune aide, il est astreint à résidence dans un village de Haute-Garonne où il ne connaît personne. Son patron, qui touche de l’argent de l’Etat pour cette « réinsertion », le paye une misère et Philippe est logé dans des conditions qui lui rappellent sa cellule. Il est isolé, sans le sou, loin des quelques proches qui lui reste, inadapté à un monde qu’il ne connaît plus. Après quatre mois de cette vie qu’il décrit tous les jours dans un journal pour ne pas craquer ou devenir fou, il finit par aller voler de l’argent dans des agences postales de la région. Un arme non chargée, pas de violence, des sommes dérisoires…mais il est vite arrêté. Beaucoup de prisonniers -longue peine ou pas-, se suicident dans la situation de Philippe. Lui a volé.

Pour ces faits, en décembre 2012, la cour d’assises de Toulouse lui administre une « peine d’élimination sociale » selon les mots du procureur : 20 ans. Cette peine il ne commencera à la faire qu’en 2019, lorsqu’il aura purgé le reliquat de sa peine précédente (puisqu’il était en conditionnelle et que cette conditionnelle s’est trouvée révoquée par le fait que Philippe ait commis des délits)… absurdité de l’arithmétique pénale. 2039, c’est la date actuelle de sa fin de peine… Philippe est aujourd’hui âgé de 46 ans. Il se bat depuis 26 ans contre le VIH. La santé en prison n’est qu’une chimère. Le condamner à 20 ans, c’est en réalité le condamner à mort. Nous ne pouvons accepter que le justice condamne un homme à mort pour des vols…

Au nom de la « récidive », toujours : il a fauté plusieurs fois, cela ferait de lui un « braqueur récidiviste »… Non, Philippe est avant tout un homme malade qui a toujours refusé de se laisser mourir entre quatre murs. Pour cette seule envie de vivre et de liberté, la justice, et elle seule, a créé un « récidiviste ». Et la prison a aujourd’hui pour tâche d’éliminer ce « récidiviste ».

https://www.facebook.com/pages/Sout... L’Envolée a suivi le premier procès de Philippe en décembre 2012. Vous pouvez en lire le compte rendu ci-dessous. Depuis le premier procès Philippe a écrit souvent au journal. Nous suivrons à nouveau le procès en appel de Philippe qui se tiendra les 30 et 31 janvier 2014 aux assises de Montauban.


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